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Impact
L’ESG à l’heure de la Covid‑19
« Si le ralentissement économique lié au coronavirus pèse sur les budgets des entreprises, la responsabilité sociétale ne doit pas être exclue de la liste des priorités sur la base de considérations financières. »
Philippe Poletti
Président du Comité Sustainability d'Ardian

Que retenir de la crise de la Covid‑19 en matière de développement durable et de résilience ?

Philippe Poletti : Elle confirme ce que nous savions déjà, intuitivement : les entreprises dotées des pratiques les plus avancées en termes de développement durable tendent à être plus résilientes. Notre première analyse post‑Covid révèle une corrélation directe entre les sociétés qui ont bien résisté pendant la crise et celles qui affichent la meilleure performance ESG.

Avant la crise, nous savions que les entreprises responsables affichent de meilleurs résultats, et cette crise nous incite à poursuivre sur cette voie.

Si leurs budgets se réduisent, les entreprises vont‑elles suspendre le financement des initiatives en matière d’ESG ?

Philippe Poletti : Engager des initiatives de développement durable n’implique pas nécessairement d’accroître ses budgets. Cela peut se traduire par une plus grande responsabilisation des employés dans leur vie professionnelle et personnelle. En réalité, de nombreuses initiatives – améliorer l’efficacité énergétique, par exemple – permettent d’économiser des sommes considérables.

« Au-delà d’encourager les sociétés à devenir plus durables, nous leur donnons les moyens d’agir. »

Comment parvenez‑vous à poursuivre un programme de transformation ESG dans un contexte de récession mondiale ?

Philippe Poletti : La responsabilité sociétale n’est pas accessoire, c’est une priorité stratégique : elle est indispensable aux entreprises qui veulent réussir leur transformation et devenir plus résilientes.

Il ne s’agit pas uniquement de rendre les entreprises plus performantes mais également de répondre aux préoccupations des investisseurs, des consommateurs et des régulateurs, qui tous souhaitent que les entreprises fassent ce qui est juste. La crise de la Covid‑19 a renforcé l’importance de cette conviction.

Inula, l’une de nos sociétés en portefeuille, en est l’illustration parfaite – elle commercialise des huiles essentielles et des thérapies naturelles, et ses ventes ont augmenté grâce à l’intérêt croissant pour la santé et le bien‑être. Le programme de la société en matière de développement durable et sa stratégie dédiée ont également permis de motiver les salariés et d’être plus résilients durant la pandémie.

Comment la finance peut‑elle permettre une reprise solide des entreprises suite à une récession ?

Philippe Poletti : Au-delà d’encourager les sociétés à devenir plus durables, nous leur donnons les moyens d’agir. En 2019, les entreprises qui affichaient les meilleurs résultats en termes de développement durable sont également celles qui ont été les plus résilientes face à la pandémie début 2020.

Face à l’urgence de ces enjeux, nous devons les inciter à changer pour devenir meilleures et avoir des impacts positifs.

86 %
DES SOCIÉTÉS EN PORTEFEUILLE, POUR LESQUELLES LES ENJEUX CLIMATIQUES SONT MATÉRIELS, ONT UN PLAN D’ACTION POUR RÉDUIRE LEURS ÉMISSIONS DE GES ET/OU LEUR EMPREINTE ENVIRONNEMENTALE

Dans ce contexte, quel rôle joue la stratégie du Sustainable Buyout ?

Philippe Poletti : Notre stratégie Sustainable Buyout comble le vide entre les investissements à impact et l’intégration des critères ESG. Nous investissons dans des sociétés qui ne sont pas des entreprises sociales mais qui souhaitent avoir un impact sociétal positif. En investissant dans celles-ci, nous les aidons à devenir résilientes, hautement performantes et à produire des externalités positives mesurables, à l’échelle de notre société et de la planète.

Pour ce faire, nous proposons un soutien et des plans d’actions personnalisés aux sociétés, en accordant la même importance à leur chaîne d’approvisionnement, leurs opérations, et leurs produits et services.

Lorsque nous investissons dans une entreprise, nous définissons une feuille de route sur le long terme, main dans la main avec les dirigeants. Celle‑ci est revue chaque année pour en évaluer les avancées.

Pourquoi la stratégie du Sustainable Buyout est‑elle si importante ?

Philippe Poletti : Elle constitue la première étape d’une vision plus globale de notre impact et de celui de nos investissements. L’une de nos principales priorités est de veiller à déployer cette manière d’investir à grande échelle.

Et ce n’est pas une approche exclusive que nous nous refusons de partager. Nous devons échanger avec le secteur sur des questions telles que la Méthodologie de mesure d’impact afin de susciter une évolution globale des meilleures pratiques. Les entreprises ont un rôle très important à jouer pour répondre aux défis mondiaux du développement durable, et les investisseurs doivent les aider à y parvenir.

6500
CRÉATIONS D’EMPLOIS INTERNES DANS NOTRE PORTEFEUILLE BUYOUT DEPUIS 2013 (HORS BUILD‑UPS PAR FUSIONS‑ACQUISITIONS)
Moteur d’impact
positif
Moteur d’impact
positif
Rapport Sustainability 2020
DRAG
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